ABSURDITY : Interview d’Erick et Damien

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Erik et Damien, guitaristes d’ABSURDITY, nous parlent de la création du groupe, de son évolution, mais également de leurs équipements et de leur tournée en 2015. 

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Salut Erik et Damien ! Comment allez-vous et comment se porte ABSURDITY ?

Damien : Ça va bien merci, le groupe est à fond avec cette sortie d’album, on pète le feu.

Erik : Pour le mieux en effet, en pleine période de promo, on n’arrête pas !

Commençons par expliquer quel genre de musique est créé au sein de votre groupe pour les personnes n’ayant pas encore eu la chance de jeter une oreille à vos albums. Certains qualifient votre musique de death metal avec une pointe de modernité, qu’en pensez-vous ?

Damien : Avec Undestructible, on y est carrément. Une musique brutale assistée par des samples mécaniques, ajoute à ça des influences venant de toutes parts, et tu as du Absurdity. On aime se qualifier de Massive Moshing Death Metal, parce qu’on aime les choses simples.

D’ailleurs, quels sont les influences au sein du groupe ?

Damien : Il y en a trop : tous les styles, tous les genres. Difficile de te donner des exemples concrets. Cependant ce qui doit ressortir le plus dans Absurdity, c’est du Death metal, de l’électro, et quelques influences de musiques urbaines pour certaines parties groovy.

Erik : Effectivement, difficile de se baser sur de véritables influences, puisque chacun au sein du groupe écoute des choses positivement variées… De l’electro au Djent, en passant par le death, le Hardcore, et même le reggae ou le rap pour certains !

Peux-tu revenir sur la création groupe. Comment est-ce que le groupe a débuté ?

Erik : Pour simplifier, je préfère dire que le groupe est né en 2007, avec la sortie de notre premier MCD Urban Strife. Nous avons eu pas mal de changements de line up depuis évidemment, mais nous avons débuté véritablement ainsi. Une bande de potes qui décide de faire de la musique, jusque-là rien de bien anormal. Nous avions dès le départ l’ambition de proposer une musique « rentre-dedans », mais en y apportant une touche pour nous différencier, dans notre cas ce fut avec l’ajout de samples et de touches électro, et il semble que la mayonnaise ait pris. Depuis notre QG de la maison bleue à Strasbourg, nous répétions assidument afin de pouvoir proposer des shows de qualité. Puis nous avons commencé à faire des concerts, de façon de plus en plus fréquente, jusqu’à la sortie de notre premier album D:/Evolution en 2011, qui nous aura permis d’accélérer le rythme des concerts et des tournées.

D’ailleurs, pourquoi avoir choisi ce nom de groupe ?

Erik : Tout part des écrits de Kafka, et bien sûr d’Albert Camus « The Absurd way of Life ». Au moment où nous cherchions un nom qui définirait notre vision des choses, et du message que nous voulions véhiculer, ce thème nous est apparu évident : quoi de plus absurde que le fonctionnement de la société de consommation, les aberrations du nouvel ordre mondial, les dérives de notre monde…. bref, un nom qui résume bien ce que nous pensons de l’état actuel des choses.

10450026_10152385155276053_6913360223245770892_oDe votre coté, comment êtes vous arrivé dans l’univers de la musique ?

Damien : C’est assez simple. J’ai acheté ma première guitare à l’âge de 14 ans, et je n’ai jamais réussi à arrêter. En fait, dans la même période j’ai commencé à aller à des concerts et c’est là que j’ai découvert avec mes petits yeux d’enfant le milieu de la musique. L’énergie et les émotions transmises m’ont complètement drogué. J’avais juste le besoin de faire pareil. Donc j’ai travaillé, j’ai commencé à monter des groupes etc… Et aujourd’hui je suis dans 3 groupes, Dust In Mind, Blindness, et Absurdity.

Erik : Pour ma part, je travaille dans le spectacle depuis une quinzaine d’année, que ce soit en tant qu’organisateur de concerts, bénévole, road ou technicien plateau, ou également au sein des différents labels où je travaille. J’ai donc pu voir un peu tous les aspects du métier, et j’ai eu la chance de pouvoir très tôt faire partie de ce milieu. Je me suis retrouvé pour ma première expérience comme Backliner sur une grosse tournée (Nightliner et tout le toutim…), et en parallèle j’officiais déjà au sein de groupes sur Strasbourg. J’ai eu la chance de pouvoir enchainer les tournées, que ce soit comme technicien du spectacle ou comme musicien (dont une tournée avec PRO-PAIN en 2007, ou j’ai remplacé un guitariste sur 25 dates par exemple). Donc cela fait un petit moment !

Quelles étaient vos inspirations à l’époque, que ce soient des groupes ou des artistes ? Quels ont été vos albums coups de coeur ?

Damien : Celui qui m’a tué à un de mes premiers concerts, Peter Tägtgren et Hypocrisy. Il m’a beaucoup appris. Leur album Abducted est énorme. Sinon en restant dans le Metal, on pourrait citer Burn My Eyes de Machine Head par exemple. Mais il y en a beaucoup eu.

Erik : Pour moi, il y a eu de nombreux albums qui ont marqué ma vie, comme celle de beaucoup de gens d’ailleurs. Je rejoins Damien sur Burn My Eyes, mais j’ajouterais Demanufacture de Fear Factory (ce son !!), ou même KORN que je ne n’apprécie pas spécialement mais qui aura marqué son temps. En termes d’inspiration, nous nous sentions proche à l’origine de groupes comme Obituary, Bolt Throver, Napalm Death ou bien sur Fear Factory.

Comment avez-vous appris à jouer de la guitare ?

Damien : Tout seul, comme un égoïste ! Je suis assez autonome et autodidacte, j’aime découvrir par moi-même. Après évidemment j’avais des notions de solfège, et je me souviens avoir acheté des bouquins pour commencer, et comprendre le principe. Ensuite, là où on apprend énormément, c’est en partageant son jeu et ses notions avec d’autres musiciens, et jouer avec eux.

Erik : La même, totalement autodidacte…. C’est en bossant des partitions (à l’époque, il fallait acheter les bouquins (chers !)), pas de Guitar pro ou autres tablatures sur internet…), surtout des classiques -je suppose comme tout le monde- : Metallica, Nirvana… puis lorsque mon niveau me l’a permis, Joe Satriani, Megadeth et des trucs plus « tendus ».

Quel a été ton premier modèle de guitare ?

Damien : Une Squier modèle strat, c’est bien pour commencer mais c’est une vraie bouze ! ahah

Erik : Ouhla, je ne suis même plus sûr… Une espèce de sous marque modèle strat aussi, mais je me souviens surtout de la seconde, une ARIA, impossible à accorder !

Et désormais, quel est votre matériel (guitares, amplis, pédales) ?

Damien : Je joue sur ESP E-II type Eclipse, avec un POD HD ainsi qu’avec un ampli Rocktron qui simule la lampe, pour les répètes.

Erik : Je joue sur LTD (Eclipse également), jusqu’il y a peu j’étais branché sur un MESA Triple Rectifier avec une pédale Tubescreamer MAXON. Mais depuis l’enregistrement du dernier album, (et ça me fait mal de le dire !), on s’est rendu compte que les simulations POD HD sont en fait de meilleure qualité que l’original. J’utilise donc grosso modo le Triple Rectifier mais sur le POD, le son est strictement identique (voire un poil mieux), sans les inconvénients du souffle, larsen, poids et lampes à changer, etc….

Revenons un peu à ABSURDITY. Peux-tu nous éclairer sur la méthode de composition au sein du groupe ?

Damien : C’est un peu aléatoire. Moi et Matt bossons pas mal chez nous, on compose et on amène les idées directement en wave, ou on les propose en répète. Erik est plutôt du genre à composer en répète avec Arnaud. Ricardo amène des idées suivant les nôtres et crée les samples ensuite. Bref c’est un grand mélange qui fonctionne pas mal au final.

Le premier album se nomme D:/Evolution et votre second album se nomme lui Undestructible, pourquoi avec choisi ces noms ?

Damien : On dénonce l’écroulement de la société. “D:/Evolution” ou “Devolution” en parle simplement. “Undestructible” fait partie de la suite logique, on ne dénonce plus, pour nous aujourd’hui ce monde est déjà écroulé en quelque sorte. Donc on essaie d’apporter des solutions plutôt que de constater. Cet album est donc logiquement plus brutal et violent que D:/Evolution.

Si tu devais définir par un mot chaque album d’ABSURDITY depuis sa création, quels seraient-ils ?

Erik : Drôle d’exercice, et terriblement compliqué en fait ! Voici tout de même un analogisme avec la vie :

Urban Strife : Nouveau-né !

D:/Evolution : La jeunesse

Undestructible: L’adolescence ?

10644571_10152385155241053_1189179750032358598_oCôté artwork, on peut dire que vous avez bien fait les choses. Mais peut-on savoir quel est le sens de votre pochette avec tous ces hommes sans visage en costume et cet autre homme, lui à genoux ?

Damien : Les hommes en costume sans visage, “formatés”, représentent la société. L’homme, celui qui se bat contre, représente l’homme qui n’abandonnera jamais.

Erick : Eh oui, ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, indestructibles !

Pourquoi avez-vous choisi de retourner à Budapest , au Supersize Studios , et non de tenter votre chance au sein des studios implantés en France ?

Damien : Le groupe a choisi de retourner au Supersize Studio tout simplement parce qu’il était convaincu du résultat. Souvent on nous demande “pourquoi partir aussi loin ? C’est pour le prix ?”. Mais en fait ça n’a rien à voir avec le prix, contrairement à ce qu’on pourrait croire, on a uniquement choisi ce studio pour la qualité de ses prestations.

En écoutant l’album on se rend compte que plusieurs samples sont présents sur votre album, que disent-ils ?

Erik : En effet, les samples font partie intégrante de notre musique, et ils sont là pour ponctuer l’histoire tout au long de l’album. Chacun à un sens propre à la chanson qu’il accompagne, donc difficile de faire du cas par cas…. Par exemple, sur le titre Eponyme Undestructible, les voix samplées qui donnent la réplique au chanteur racontent l’histoire de la pochette (You will not kill me, You must stand and fight,….)

Ces multiples samples et ces incursions de sonorité électronique donnent à l’album une touche plus industrielle. Est-ce un moyen, une approche pour vous de tenter une incursion dans un style à la Fear Factory, bien que différent ?

Damien : Le groupe a toujours été attaché à Fear Factory. Par contre on ne tient pas à se rapprocher de quoi que ce soit, on fait simplement ce qu’on aime et ce qu’on ressent. On s’en fiche royalement des étiquettes.

Cet album semble particulièrement taillé pour le live, était-ce un objectif dès sa conception ?

Damien : Oui clairement ! On veut faire du live, ça nous tient vraiment à cœur, on est là pour transmettre le plus d’énergie possible aux gens. On a voulu créer un album cohérent et mature, et taillé pour le live.

Erik : Même dans le choix du mixage de l’album, on a cherché à se rapprocher le plus possible du rendu « live », puisqu’avant tout nous sommes un groupe de scène.

En bonus, certains peuvent également profiter de la présence de Julien de BENIGHTED sur scène. Comment est née cette envie de featuring ?

Damien : A force de se côtoyer sur des dates, on s’est lié d’amitié avec le bisounours Julien. Aujourd’hui on ne peut plus le cacher, c’est une icône du Metal français. On voulait partager une nouvelle expérience et échanger nos idées. Ça s’est fait simplement, on lui a demandé, il a dit oui. Je suis très fier d’avoir ses “gruik” sur notre musique.

© Charlotte AlemanD’après Metal Archives le label Urban Death Records ne compte qu’un seul groupe, le vôtre, et est localisé à Strasbourg. D’où la question, est-ce votre label privé ?

Erik : Pas notre label privé, mais ça reste la famille quoi…. Il s’agit en fait d’une structure montée par des proches pour s’occuper plus efficacement du management et du booking, et du coup, en tant que label, nous sommes sur le papier en tout cas, les seuls à en faire partie. A savoir que certains dans le groupe en font partie ponctuellement, sinon, c’est surtout 2 personnes à plein temps, et une multitude d’électrons libres, en particulier l’équipe technique qui nous suit !

Quel regard as-tu sur la scène métal française et plus particulièrement alsacienne ?

Damien : Elle est riche mais évolue dans un pays difficile à convaincre. Il y a quelques perles comme Klone, ou encore Benighted. En Alsace comme partout ailleurs aujourd’hui, je trouve qu’il reste les plus grosses orgas, et les autres se partagent les miettes, en tout cas c’est mon avis. C’est de plus en plus dur pour les petits groupes de trouver des dates pour se faire connaître.

Erik : Ce qui est d’ailleurs bien dommage, au vu de la richesse de notre vivier, en France nous n’avons pas à rougir de nos groupes ! Si des Gorod, Dagoba et consorts n’ont plus à faire leurs preuves, il y a tout un tas de formations qui gagnent à être (re)connues. Localement en tout cas, je citerais les excellents DEFICIENCY, BLINDNESS ou encore les immenses INHUMATE.

Quels sont vos plans pour la fin de l’année ainsi que pour 2015 ?

Damien : Niveau actu, on va ouvrir pour Morbid Angel la semaine prochaine, ensuite c’est pause et booking à 100% pour 2015. On est en train de confirmer une première tournée pour le printemps et on travaille sur d’autres. On va tourner le plus possible pour cet album.

As-tu des derniers mots pour les lecteurs de Guitariste-Metal.fr ?

Damien : Merci à vous d’avoir pris le temps de lire cette interview, et je suis impatient de partager un concert avec vous, qui que vous soyez ! Venez nous voir après le concert, discutez avec nous, partagez vos avis, et venez boire des coups ! A très vite sur scène !

 

 

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Crédits photos : Charlotte Aleman, Pavillon666-Black.Roger

 

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