DARK TRANQUILLITY : Interview de Niklas Sundin

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Niklas Sundin, guitariste de DARK TRANQUILLITY, revient sur la création du groupe et sa discographie mais parle également de Cabin Fever Media et de son regard sur la scène musicale.

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Salut Niklas ! Comment vas-tu et comment se porte DARK TRANQUILLITY ?

Salut ! Tout va bien pour le groupe ainsi que pour moi, merci !

Attaquons les choses sérieuses et parlons un peu de ton introduction à la musique. Comment es-tu tombé dedans ?

Je n’étais pas vraiment intéressé par la musique jusqu’à l’âge de 12 ou 13 ans quand j’ai (et les autres membres du futur DARK TRANQUILLITY) découvert le metal. Un ami a réussi à avoir quelques vinyles incluant les albums HELLOWEEN’s”Walls of Jericho” et KREATOR’s “Flag of hate” et à partir de cela les choses ont rapidement progressé. Nous avons rapidement rejoint le circuit du tape trading et voyagé un peu pour voir tous les petits concerts underground du coin. La phase suivante, et logique, était d’apprendre à jouer d’un instrument de musique moi-même et j’ai donc commencé à jouer de la guitare à l’âge de 14 ans. Il n’y a pas vraiment de guitar hero ou d’idoles que je pourrais citer, et à ce jour je suis plus intéressé par un titre authentique plutôt qu’un titre très technique.

Enfin, l’inspiration principale que j’ai connue, avant les premiers jours de DARK TRANQUILLITY ont probablement été KREATOR, SABBAT (uk) et HELLOWEEN. Je dis inspiration et non pas « influence » car nous n’avons jamais voulu sonner comme un de ces groupes même si nous aimons leurs musiques.

En effet le style est différent, merci pour ces informations. Comme tu l’as dit, tu as été très actif musicalement parlant, et cela dès ton adolescence. Peux-tu nous dire quel est le premier concert majeur qui t’ait surpris ?

Alors voyons voir.. J’ai vu IRON MAIDEN en 1987, ou environ, ce qui fut ma première expérience de concert avec un groupe majeur. Deux années plus tard, j’ai pu voir une date de la tournée de DARK ANGEL, NUCLEAR ASSAULT et ACID REIGN étant donné qu’ils sont venu en ville. C’était quasiment à ce moment-là que nous avions décidé de former notre propre groupe.

DARK TRANQUILLITY a été créé en 1989, sur les cendres de votre premier groupe, SEPTIC BROILER. Peux-tu revenir là-dessus ?

Le début était un peu bizarre. Nous avons créé le groupe avant que nous ne sachions jouer. Aucun de nous n’avait jamais touché un instrument de musique auparavant, et donc les cinq ou six premiers mois le seul but a été d’être en mesure de jouer un titre du début jusqu’à la fin, le tout proprement. Nous étions si inexpérimentés que nous ne savions même pas comment accorder correctement nos guitares, mais c’était vraiment fun et nous avons été en mesure d’apprendre les bases vraiment rapidement. Une fois que nous avons pensé que nous avions des titres décents le but principal a été d’enregistrer une démo sur cassette et peut-être de jouer un ou deux concerts, mais quelque chose au-delà était vraiment très irréaliste à cette époque. Le death metal était encore une scène très underground et il n’y avait pas vraiment de tournée d’ailleurs, et donc aucun de nous n’avons pensé « pouvoir le faire ». On pensait uniquement à notre musique.

Et vous en avez fait du chemin depuis ! A présent DARK TRANQUILLITY est connu pour être l’un des pionniers de la scène melodeath de Gothenburg, aux côtés de IN FLAMES par exemple. Comment était la scène musicale à cette époque autour de Gothenburg ?

Le sujet peut probablement couvrir un livre en entier, mais en général la scène était vraiment très petite. Il y avait un petit groupe soudé de peut-être 40 ou 50 personnes et quasiment chacune de ces personnes jouait dans un groupe. Quand nous avons commencé, il y avait déjà une scène avec des groupes comme INTOXICATE, PAGANDOM, VALCYRIE et bien sûr les légendaires GROTESQUE. Les concerts se passaient dans des centres pour jeunes (type MJC) et quelques fois un groupe pouvait faire l’ouverture si une tournée venait en ville (mais c’était vraiment rare). Le plus grand malentendu est probablement l’échelle des choses. Quand des groupes comme nous, IN FLAMES et AT THE GATES ont commencé à avoir une reconnaissance internationale à la fin des années 90, beaucoup de personnes de l’étranger ont assuré que le metal était quelque chose d’énorme par ici alors qu’il n’y avait vraiment que peu de concerts et quasiment aucune audience (chacun jouait en fait dans un groupe). Ce ne fut que plusieurs années plus tard qu’une vraie scène de concert a émergé avec plus de 200 à 300 personnes qui se déplaçaient pour voir les concerts.

Merci pour ces précisions qui répondent à bien des questions. Pour revenir à DARK TRANQUILLITY, le groupe est connu pour ses albums hautement mélodiques. En tant que compositeur, peux-tu justement nous parler de votre méthode de composition au sein du groupe ?

Il n’y a pas vraiment de formule. Chaque membre de DARK TRANQUILLITY compose de la musique et nous collaborons tous ensemble, donc chaque titre a une histoire différente. Le plus grand changement entre notre première composition et maintenant est probablement que nous essayons souvent des choses dans notre propre home studio au lieu d’être dans une salle de répétition tout le temps, mais mise à part ça le principe reste le même. Nous essayons beaucoup d’idées, chaque riff est joué dans un rythme et style différent et suite à cela nous arrivons au point où nous sentons que le titre est complet. La musique est toujours finie avant que Mikael commence à écrire les paroles, mais il arrive que nous revenons parfois en arrière juste arranger certaines choses si le besoin s’en fait ressentir.

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C’est donc un vrai travail d’équipe qui opère au sein du groupe. En tant que guitariste pourrais-tu nous parler de ton matériel, du début à ton matériel actuel ?

Je suis désolé de te le dire mais je ne suis pas très intéressé par les aspects techniques de la chose et tend à ne pas payer trop attention à tout ce qui concerne le matériel. Notre autre guitariste, Martin, est la personne qui s’occupe de cela et qui se charge de notre matériel pour les concerts. Je suis content de laisser ces décisions aux personnes qui s’y connaissent, et de manière générale nous essayons beaucoup de configurations possibles.

Pour parler matériel, ma première guitare a été une clone vraiment mauvaise d’une stratocaster, à savoir une Hondo. Au fil des années, j’ai pu essayer beaucoup de guitares différentes (B.C. Rich, Fender, Kramer, Ibanez, Jackson, etc) et j’ai eu des endorsements avec Gibson et Mayones, mais je suis venu à la conclusion que je ne suis pas vraiment un « brand player ». J’aime avoir la liberté de pouvoir jouer sur n’importe quel instrument sur lequel je me sens bien et puis bon il y a également une certaine connotation de « rockstrar’» au sujet de l’endorsement et je ne suis pas à l’aise avec ça.

Au sujet de la fabrication et de la qualité, je dirais que Mayones crée les meilleures guitares que j’ai pu utiliser, mais après avoir joué plus de 200 concerts avec je sens comme un challenge que de basculer vers autre chose. Pour la tournée de l’album « Construct » j’ai principalement joué avec ma vieille Gibson V ainsi qu’avec une Ibanez Iceman.

Tu as en effet je dirais « fait le tour des choses ». Au sujet de la guitare, peux-tu nous dire comment as-tu appris, as-tu pris des cours ou autre ? Pourrais-tu également partager quelques conseils aux joueurs intermédiaires ?

J’ai complétement appris par moi-même. Rétrospectivement je pense que c’était bien pour DARK TRANQUILLITY qu’aucun de nous ne s’y connaissaient en théorie musicale ou ne savaient comment nous étions « supposés » sonner. Si nous avions choisi la route principale, à savoir prendre des cours de musique, jouer des covers d’autres groupes avant de composer nos propres titres et bien je suis sûr que notre musique aurait été moins originale. Cela dit, je suis sûr qu’une bonne éducation musicale peut être un moyen de trouver son propre style musical. Je ne dis donc pas que prendre des cours de guitare est une mauvaise chose, juste que je peux attribuer beaucoup de l’étrangeté de nos premiers albums au fait que nous ne connaissions pas vraiment le livre des règles, pour ainsi dire.

Concernant les conseils, je ne sais pas vraiment quoi répondre. Je suis typiquement un musicien orienté metal. Je n’aime pas jouer des solos et je ne recherche pas la technique parfaite. La plupart des jeunes guitaristes qui demandent des conseils veulent « se faire une place » dans l’industrie de la musique, quoique cela puisse signifier, ou alors savoir comment jouer comme un shredder, et je ne suis pas la bonne personne à qui demander conseil.

Et c’est un choix qui se respecte. Revenons à DARK TRANQUILLITY qui a beaucoup changé au travers des années et des albums. Pourrais-tu revenir sur votre discographie ?

Je ne sais pas, je veux dire c’est facile de trop analyser certaines choses. Une fois que nous avions sorti deux ou trois albums c’était un peu plus facile de suivre l’évolution musicale entre les différents enregistrements, et puis à l’époque, il y avait également beaucoup de choses à dire dans les interviews à ce fait, mais bon les personnes qui les lisaient ne pouvaient même pas trouver les albums s’ils le voulaient.

De nos jours, alors que la musique est à portée de clic, ça n’a plus de sens pour un musicien que d’essayer d’expliquer comment est-ce que le titre ou l’album sonne. La chose principale à retenir est probablement que chaque album représente ce que nous voulions faire au moment donné, nous avons toujours cherché à donner une propre saveur unique pour chaque album, mais il n’y a pas de progression linéaire en tant que telle.

Nous sommes partis d’une musique basique à une musique technique puis de la technicité à quelque chose de plus minimaliste puis plus atmosphérique, etc.

J’aimerais bien te parler un peu du matériel utilisé pour les enregistrements mais honnêtement je ne m’en souviens pas comme je n’en prête pas vraiment attention !

niklas_sundin_portraitParlons succès alors ! Peux-tu nous dire quel a été le plus grand succès pour DARK TRANQUILLITY ? As-tu quelques regrets au sujet des précédents albums ?

Humm c’est difficile à dire, mais je pense que l’album « The Gallery » a été l’album qui a percé dans le sens où il a été largement promu et est venu à représenter la naissance d’un genre nouveau. C’était également à ce moment que nous avions commencé à faire des tournées internationales.

Concernant les regrets tout dépend du point de vue. Nous avons pris pas mal de décisions qui ont été très mauvaises au sujet d’une perspective de carrière, mais en même temps c’était des choix internationaux et nous savions ce que nous faisions. Nous étions contents durant beaucoup d’années d’avoir plus qu’une reconnaissance underground et heureusement que nous avions dit non à certaines choses qui auraient été meilleures pour notre carrière mais qui auraient demandé des compromis. Par contre je ne serais pas en mesure de te parler du nombre de ventes.

Justement puisque l’on parle du passé, retournons donc en 1993. Skydancer, le premier album de DARK TRANQUILLITY sort officiellement. Quels souvenirs en gardes-tu ?

Comme la musique était vraiment complexe et que ce fut notre première visite dans un studio professionnel, je peux te dire que l’enregistrement était très stressant. Les ingénieurs du son ne connaissaient pas vraiment leurs matériels et il y avait pas mal de frustrations. Mais bon, c’est quasiment la même histoire pour chaque enregistrement de groupe de death metal à l’époque, il y avait toujours beaucoup de pression en raison du manque de temps et d’expérience, et le genre était si récent qu’il n’y avait seulement quelques studios qui savaient ce qu’il fallait faire.

Nos ingénieurs du son étaient eux-même fan de metal, ils écoutaient POISON et KISS, mais ils se sont quand même grattés la tête quand ils ont entendu les hurlements gutturaux ainsi que les compositions de guitares.

Par la suite DARK TRANQUILLITY est passé par différents labels, comme de Spinefarms Records à Osmose Production en 1995, justement pour « The Gallery ». Comment se changement de label s’est-il effectué ?

Ce n’était pas quelque chose de dramatique. Nous avions simplement un contrat pour un seul album avec Spinefarme, et après la sortie de « Skydancer » d’autres labels ont voulu que nous signons chez eux. Osmose Production nous ont proposé une très bonne offre et nous les avons donc choisis.

Projector sort quatre années plus tard, en 1999, et vous décidez de rejoindre les rangs de Century Media Records, l’un des plus grands labels dans le genre. As-tu senti que DARK TRANQUILLITY avait besoin d’un plus gros label afin d’avancer ?

Nous avons en fait commencé à enregistrer « Projector » dans l’intention de le faire diffuser par Osmose Production mais après avoir terminé l’album, nous avons décidé que ce ne serait pas une « bonne chose ». Osmose Production ne diffusait à l’époque presque uniquement que des groupes de black metal et le label se dirigeait même vers une musique plus extrême. Il n’aurait pas été sensé que ce faire paraître « Projector » au sein d’Osmose Production. Ce ne fut pas tellement dans l’optique de grandir en tant que groupe (puisque nous nous attendions honnêtement à ce que nos vieux fans allaient haïr l’album) mais plutôt de sortir un album au sein d’un label qui possède une expérience avec un genre de musique plus « douce ».

Justement, en parlant de Projector, l’album était très différent de ce que proposait aussi bien DARK TRANQUILLITY que d’autres groupes à cette période donnée. Quel a été le retour perçu ? Penses-tu que l’album était peut-être un peu trop « avant-gardiste » ?

Je dois te dire que oui. Les gens ne pense plus à cela de nos jours, mais « Projector » a été le premier album de notre scène à mettre en avant des voix claires à ce degré, avant que d’autres groupes ne commencent à le faire. Bien entendu, je ne dis pas que chaque groupe de death metal avec un voix claire le doit à DARK TRANQUILLITY, mais dans un sens je pense que « Projector » a aidé à montrer aux gens qu’il était possible d’incorporer un chant normal dans notre genre de musique. Ce n’est pas un album facile à appréhender, mais beaucoup de vieux fans l’ont aimé au fil du temps.

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Durant ce temps tu crées également Cabin Fever Media, un studio de graphisme. Voulais-tu devenir graphiste lorsque tu étais étudiant ou comment cela s’est-il passé ?

J’ai étudié l’art à l’université et j’ai toujours eu un intérêt pour le dessin ainsi que la peinture. L’album « Projector » a été le point de départ. Une fois l’album sorti, beaucoup de groupes et de labels ont commencé à me contacter en me demandant si je serais disponible pour quelques commandes. J’y ai pensé et j’ai décidé de quitter mon emploi au sein d’une entreprise de webdesign afin de devenir freelance.

Et justement, Cabin Fever Media a créé beaucoup de pochettes pour des groupes comme ARCH ENEMY, IN FLAMES, SENTENCED et bien plus. Comment trouves-tu l’inspiration requise pour créer autant de visuels ?

C’est vraiment difficile d’analyser les choses juste avec de la musique. J’essaie de laisser mon esprit autant ouvert que curieux et de faire de mon mieux afin d’arriver à quelque chose d’intéressant qui corresponde à ce que le groupe veut communiquer.

Justement, comme tu as créé beaucoup de visuels, peux-tu nous dire lequel est ton favori ?

Je ne suis pas bon pour dire lesquels sont mes favoris, et c’est la même chose avec la musique. Je m’auto-critique beaucoup et tend à me concentrer sur des petits détails qui auraient pu être réalisés différemment. Au moment où l’illustration est terminée j’ai passé tellement de temps à regarder chaque petite chose que je suis juste heureux de passer à l’illustration suivante. Désormais je suis plus intéressé par l’animation ainsi que la vidéo, mais je fais encore des illustrations d’albums de temps en temps.

Vu que tu es propice à l’auto-critique, as-tu des regrets au sujet de certains visuels ?

Oui, c’est arrivé. Quelques fois il y a des changements dans la deadline ou d’autres facteurs qui me font sentir que le travail n’a pas été terminé à 100% et quelques fois ma propre opinion a été trop différente de celle du groupe.

Tu parlais tout à l’heure de ton intérêt pour l’animation et la vidéo. Prévois-tu de créer un film d’animation ou un court métrage ?

J’ai beaucoup d’idées, et j’ai déjà commencé beaucoup de choses, mais il est toujours difficile de trouver assez de temps pour un projet personnel. Entre le groupe, la famille et le travail je n’ai pas assez de temps pour un projet personnel.

Justement, tu es une personne très occupée et je voulais te poser des questions au sujet de LAETHORA, ton side project.

Je dois clarifier que ce n’était pas un projet solo, ou mon groupe, ou quoique ce soit dans ce genre. Les gens pensent que j’étais la personne derrière le projet, mais ce n’est pas le cas. LAETHORA a été un groupe créé par des amis, chacun avec un statut égal. L’idée principale était de composer une musique plus brutale avec quelques alternatives et quelques touches d’excentricités. Je pense encore que nous avons réussi même s’il n’y a que peu de personnes qui ont écouté notre musique ou qui connaissent le groupe !

La dernière activité du groupe est ton clip pour le titre « The Sightless ». Peux-tu nous dire si le groupe prévoit quelque chose ?

Pour le moment nous n’avons aucun plan. Tout le monde est occupé avec le travail, la famille et d’autres priorités, mais qui sait ce que le futur peut nous apporter. J’aimerais jouer à nouveau avec les gars si le planning de tout le monde le permet, mais peut-être qu’il serait plus intéressant de commencer quelque chose de nouveau au lieu de sortir un album de LAETHORA ? Le temps nous le dira.

Même si tu es très occupé, tu as quand même pu aider d’autres groupes. Je pense notamment à l’époque, dans les années 90 et 2000, où il était facile de voir que DARK TRANQUILLITY était très proche de IN FLAMES. Si proche que tu as même écrit et traduit plus tard, quelques unes de leurs paroles. Peux-tu revenir sur cette relation et nous dire si elle est toujours si intacte ?

Comme discuté précédemment, la scène était vraiment petite à l’époque et donc tout le monde connaissait un peu tout le monde. Il y avait beaucoup de consanguinité qui se passait, à la fois en terme de partage de membres que d’aide les uns et les autres avec des contacts, des concerts et ainsi de suite. IN FLAMES a simplement demandé si je voulais les aider et j’ai fini par écrire les paroles pour l’album « The Jester Race » et « Whoracle » et traduire les paroles pour les albums suivants.

Rétrospectivement je pense qu’il est plus authentique quand un chanteur chante ses propres mots, alors que peut-être ce n’était pas la meilleure décision, mais à l’époque j’ai aimé ce défi créatif.

Nous passons encore de bon moment avec les gars de IN FLAMES de temps en temps sur les festivals mais bien sûr ce n’est plus comme lorsque nous étions adolescents et que tout le monde buvait et faisait la fête comme un grand groupe.

Revenons au présent. Le dernier album de DARK TRANQUILLITY a été enregistré sans bassiste étant donné que c’est Markin Henriksson qui s’est occupé de la basse. Est-il prévu de réintégrer un bassiste dans le groupe ?

Oui je le pense. C’était la bonne décision que de jouer la plupart des concerts de la tournée « Construct » sans un bassiste fixe dans le groupe, mais à ce moment nous avions alors Anders Iwers de TIAMAT qui s’occupait pour nous de la basse. Il jouait aussi dans CEREMONIAL OATH, le groupe que Jesper Strömblad a créé avant IN FLAMES, si on veut encore revenir plus loin. En pensant à lui, il apparait sur la photo du groupe de notre EP « A moonclad reflection », sorti en 1992.

Votre dernier single « A memory construct » a été enregistré en 2014 et met en avant une partie plus mélodique de DARK TRANQUILLITY. Peux-tu nous dire si vous travaillez sur un nouvel album et partager quelques détails ?

Nous travaillons sur de nouveaux titres mais il est encore un peu trop tôt pour savoir comment l’album finira par sonner. Nous peaufinons et expérimentons toujours jusqu’à la dernière minute, et à chaque fois que nous avons dit dans une interview que le prochain album sonnera comme ceci ou cela, et bien l’album finit par être très différent. Donc je ne peux pas vraiment en parler pour le moment. Je suis autant excité que les autres d’entendre le résultat final !

Mise à part ce nouvel album, quels sont les plans de DARK TRANQUILLITY pour 2015 et 2016 ?

Nous jouons aux festivals d’été habituels cette année mais l’objectif principal est l’écriture des titres pour le nouvel album. Il devrait sortir en 2016 pour sûr.

Autant le dire, DARK TRANQUILLITY est une icône de la scène melodeath. Certains de vos premiers albums, comme « The Gallery » ou encore « The Mind’s I » vous ont propulsés sur les devants de la scène melodeath. Te sens-tu comme un leader de cette scène ?

C’est difficile pour nous d’avoir une opinion sur cette question. Il est bien sûr très flatteur que de savoir que notre musique et paroles ont influencé autant de personnes, et je suis fier que nous ayons réussi à garder le groupe vivant sur plus de 25 années tout en créant notre propre son, mais je ne réfléchis vraiment pas beaucoup sur la façon dont nous sommes vus par rapport à la scène. Beaucoup de gens semblent avoir de fortes opinions au sujet du « melodeath », mais moi je suis juste heureux de simplement me concentrer sur la musique.

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En tant qu’”icône” pourrais-tu alors nous parler des « chefs d’œuvre » que tu cajoles ?

Pour moi, la musique (ainsi que les livres, les films, l’art et tout le reste) est quelque chose de très important, et je n’ai jamais eu de favoris que je qualifierais de statiques. Il y a beaucoup d’albums de tous les styles possible de musique que j’apprécie pour diverses raisons, et il serait impossible de comparer – par exemple – « The boatman’s call » de Nick Cave avec « Extreme Agression » de KREATOR ou « OK Computer » de RADIOHEAD » et de les évaluer sur une sorte d’axe de la qualité. Mais pour donner quelques exemples, aujourd’hui, j’ai écouté le vieil album de EXCITERViolence and force“, un groupe suédois appelé SILVERBULLIT et le dernier album de DAFT PUNK. Ce sont de bons albums, mais pour des raisons différentes.

Juste par curiosité, écoutes-tu quelques groupes français ?

Bien sûr ! DEATHSPELL OMEGA et BLUT AUS NORD font un travail vraiment incroyable avec un esprit et un dévouement admirable. ALCEST et LES DISCRETS sont également très bien, et AIR a été un de mes groupes électro favoris il fut un temps. Je suis sûr qu’il y en a d’autres aussi.

La scène métal a beaucoup évolué depuis les années 90. Que penses-tu de la scène metal actuelle? Préfères-tu l’ancien temps avec le trade tradding et tout le reste ?

Difficile à dire… Les gens demandent habituellement cela dans une interview et je n’ai pas vraiment d’opinion. Il y a une énorme affaire de nostalgie liée à la vieille scène de tape tradding et le temps où tout était « caché ». Les gens normaux ne connaissaient pas notre musique, et il y avait un sentiment puissant d’appartenir à une sorte de club secret. En même temps, il y a bien sûr beaucoup de bonnes choses avec le climat actuel plus professionnel. Je suis chanceux d’avoir connu à la fois les anciens et les temps nouveaux.

Nous sommes en 2015 et beaucoup de choses ont changé dans l’industrie de la musique. Que penses-tu des services de musique en ligne comme Youtube, Deezer ou autres ? Veux-tu conserver l’aspect « physique » de la musique, uniquement sur un support comme un CD ou es-tu d’accord avec le virage numérique ?

Question délicate. Il y a beaucoup de différents aspects à considérer, et il serait impossible de donner une bonne réponse dans une courte interview de ce genre. Les choses changent si rapidement que personne ne peut être sûr de rien, et comme tout le monde je peux seulement dire “je ne sais pas” concernant l’état actuel et futur de l’industrie de la musique. En tant qu’auditeur, je suis en fait OK avec le streaming numérique, mais en tant que musicien, il est un peu plus problématique. Pourtant, mon attitude a toujours été de se concentrer sur la musique et de laisser les maux de tête au manager et au label d’enregistrement.

Merci d’avoir pris le temps de répondre à cette série de questions ! As-tu un dernier mot pour les lecteurs français ?

Merci pour l’interview et merci aux fans français qui ont apporté leur soutien tout au long des années.

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Crédits photo : Thiswaytoheavy / Sinestrastudios / Macly Bean / Przemek Wozny

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