NO RETURN : Interview de Alain Clément

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Alain Clément, guitariste de NO RETURN, nous parle avec passion de son groupe et de sa vision de la musique qu’il acère depuis ses débuts, il y a plus de 25 années !

Salut Alain, merci de répondre à l’interview de Guitariste-metal.fr.
Alors dis moi, comment ça va ? Je sais que hier tu étais à Paris, demain tu vas en Allemagne… Tout se passe bien ?

Ben écoute pour l’instant ça se passe bien. Hier, la première date était à Paris, donc nickel et ce soir je pense que ça va être un grand show aussi avec un bon public, dans l’Est en général ça bouge toujours.

C’est une bonne chose ! L’interview va être coupée en deux parties, une première partie qui va parler de ta carrière, ça fait très longtemps que tu es dans le milieu. Et une autre partie qui va parler de NO RETURN, ton groupe.
Donc on va vraiment revenir tout au début, pourquoi as tu commencé à jouer de la guitare, qu’est ce qui t’a inspiré, influencé ?

C’est tout simplement le hard rock, à l’époque, quand j’étais gamin j’écoutais IRON MAIDEN, DEEP PURPLE, LED ZEP et donc c’est le genre de musique qui donne envie de prendre un instrument pour déjà jouer dans un premier temps les morceaux que t’écoutes et que tu aimes vraiment beaucoup ; et puis après pour créer tes propres compositions. C’est vraiment cette musique qu’est le hard rock qui m’a permis de, vraiment qui m’a donné goût à jouer d’un instrument et en particulier la guitare.

D’accord, et tu te rappelles vers quelles années à peu près ?

C’était il y a 25 – 30 ans on va dire en gros.

Tu te rappelles de ta première guitare ?

Alors ma première guitare, ouais je m’en rappelle, c’était vraiment une guitare bas de gamme, je commençais… C’est une imitation de Fender je crois, je ne me rappelle plus la marque. J’ai fait mes armes là dessus, j’avais une guitare classique aussi, en complément.

On va parler un peu de NO RETURN bien entendu. Pour commencer, comment t’es tu retrouvé à commencer cette aventure qu’est NO RETURN ?

Hé bien parce que justement, le fait d’aimer jouer de la guitare te pousse plus à créer tes propres compos et puis c’est vrai qu’en 89 on a voulu faire un groupe de thrash death metal, on était à fond. Et puis le death metal commençait à émerger aussi et ça nous pousse vraiment à créer un groupe pour évoluer et pour justement pratiquer ton instrument du mieux que tu peux.

Donc oui, comme tu l’as dit, NO RETURN a commencé à 1989, le premier album est sorti une année plus tard.
Ça allait le premier album, c’était un peu l’inconnu… ?

Pour nous ouais, on était super jeunes, et pour nous c’était super dans le sens où effectivement en directeur artistique il y avait le batteur de CORONER, Marquis Marky, on a enregistré en Allemagne cet album donc c’était vraiment un rêve de gosse quoi. C’était une très très bonne expérience effectivement. On a appris beaucoup, puis c’était notre premier album.

Et quelques années plus tard justement vous avez tourné avec de grands groupes : CORONER, SEPULTURA, NAPALM DEATH… Le brutal tour en France, avec de gros groupes à l’époque : MASSACRA, LOUDBLAST, CRUSHER.
Et en une dizaine d’années vous avez sorti quatre albums, on ne va pas revenir dessus, on va aller un peu plus en avant, ça nous prendrait beaucoup de temps.
L’un des albums pas forcément phare de NO RETURN, mais qui a marqué un penchant on va dire, c’est en 2002 : « Machinery ». Un thrash death quand même mélodique et cette fois-ci tu changes de label, tu es chez le géant allemand : Nuclear Blast.
Comment est ce que tu es venu justement à signer avec ce très gros label de l’époque ?

Ben parce qu’en fait au départ, on était effectivement chez Kodiak Records et Listenable pour l’album d’avant et on avait tourné beaucoup pour cet album et donc du coup on avait eu la chance de faire pas mal de dates un petit peu à l’étranger. Et du coup on a envoyé pour « Machinery » et ils étaient partant.
Et voilà c’était comme ça tout simplement, on a envoyé l’album et puis ils nous ont dit ok pour ce nouvel album de NO RETURN à l’époque qui s’appelait « Machinery ».

alain clément NO RETURNEt niveau impact est ce que tu as justement sentis …

Bah niveau impact, bien sûr dans la distribution mondiale c’était très bien parce que Nuclear Blast a des réseaux mondiaux. Après effectivement, faut savoir que Nuclear Blast c’est un énorme catalogue de groupes donc c’est les “grosses locomotives” en avant donc c’est un avantage et un inconvénient. L’avantage c’est que tu es super bien distribué, l’inconvénient c’est que tu te voiles pas la face, t’es un petit groupe et ce qu’ils mettent en avant c’est les grosses locomotives. Mais l’avantage pour nous était, avant tout, d’être distribués mondialement, d’avoir le maximum d’exposition.

Donc on va dire : objectif atteint.

Oui, complétement, complétement, puisqu’on avait fait la tournée avec NILE à cette époque, donc ça nous avait permis, avec ces tournées européennes, d’assoir un petit peu NO RETURN en Europe.

Et justement, quatre années plus tard, vous sortez l’album éponyme, et cette foi-ci tu changes de label, tu vas chez Season of Mist. Alors est ce que justement ça a quelque chose à voir, est ce que tu voulais revenir justement à un label français ?

En fait le problème c’est qu’on ne se posait pas trop de questions à ce niveau là. Les labels… à partir du moment où on avait une bonne distribution, ce qui était le cas aussi de Season of Mist, c’est surtout ça qui nous intéressait quoi. Parce qu’on s’est aperçus qu’effectivement avec Nuclear Blast bah le problème c’est ce que je te disais, c’est surtout les grosses locomotives qui sont aidés et du coup il y a des fois où il vaut mieux être sur un label, à mon avis, un peu plus petit mais qui te permet d’évoluer un peu plus.
Et donc, avec Season of Mist, tu as une couverture, européenne voir mondiale, pour toi c’est une très bonne chose.
Et bon par la suite, NO RETURN continue, tu as quelques déboires on va dire par rapport au line up…

C’est toujours le problème dans tous les groupes en fait, pratiquement.

On reviendra un peu plus tard par rapport au line up et aux petits problèmes que tu as pu avoir. Justement là on a vraiment très vite passé sur beaucoup d’années et globalement NO RETURN c’est des albums et on ne va pas compter la réédition.
Est ce que tu pourrais nous décrire chaque album avec un mot ou une phrase ? Qu’est ce que tu en penses ?

Bah on peut essayer ouais pas de problème.

Alors le premier : « Psychological Torment » (1990), je dirais une découverte vraiment de l’enregistrement et ce que ça comporte, l’enregistrement professionnel, une certaine porte pour un groupe et une super expérience aussi le fait d’enregistrer à l’étranger.

Deuxième album : « Contamination Rises » (1992) là c’était vraiment pour nous un rêve de gosses, aller enregistrer à Tampa quoi. Entre guillemets du death metal à l’époque avec Jim Morris qui avait enregistré CORONER, MORBID ANGEL etc. Un rêve de gosse je dirais et puis la possibilité aussi de développer NO RETURN à l’échelon européen.

Après, « Seasons of Soul » (1995) et je vais recoupler « Red Embers » (1997) qui était un mini après, on avait enregistré à Forces Motrices en Suisse, et donc pareil, la possibilité de continuer à assoir NO RETURN. C’était l’époque du Brutal Tour donc très bonne période également.

Et après on passe à « Self Mutilation » (2000) et « Machinery » (2002), pareil je mets sur la même période du coup, puisque les albums se suivent à un an, un an et demi près. Donc là “retour” justement de NO RETURN pour revenir à quelque chose peut-être d’un peu plus thrash ou death. De revenir à des racines un peu plus comme « Psychological Torment » ou « Contamination Rises ». Un retour aux sources plus marqué.

Et puis les albums d’après, qu’on peut à la limite regrouper également, il y a donc « No Return » (2006), « Manipulated Mind » (2008), « Inner Madness » (2012) et le dernier « Fearless Walk To Rise » (mars 2015). Sur ces quatre albums en fait, l’évolution est on va dire constante d’un thrash death mélodique de NO RETURN. La mélodie effectivement s’est imposée à moi en temps que marque de fabrique de NO RETURN. C’est clair, j’aime beaucoup jouer de la guitare, donc tout ce qui est solo, travail sur les refrains avec les chorus, tout en gardant l’agressivité me semblaient intéressants et c’est vrai que depuis une dizaine d’années on évolue dans ce sens là.

On va désormais parler du dernier album qui est sorti récemment, le 30 mars, « Fearless walk to rise ». La première chose quand on voit l’album évidemment, c’est la pochette, est ce que tu peux un peu parler de l’artwork et également du processus de création et la signification de cette pochette et de l’artwork ?

En fait, l’artwork a vraiment une corrélation avec NO RETURN, par rapport à l’envie toujours si tu veux de combattre quoi qu’il arrive. On sait très bien que le metal, c’est un milieu qui est pas facile et que justement NO RETURN n’a jamais baissé les bras pour justement continuer à progresser. L’artwork symbolise effectivement ceci avec la montagne, avec les différents obstacles que tu vois sur elle et au-dessus la lumière qui est en fait effectivement la volonté de combattre pour le groupe et de continuer à progresser quoi qu’il arrive.

Ok, et donc par rapport à ce que tu avais demandé…

Tout à fait, on avait donné carte blanche à Hicham de Strychneen Studio qui s’est chargé de l’artwork et il a vraiment fait son job à merveille, il a bien compris le truc et on a été vraiment très satisfaits de cette pochette qui symbolise effectivement le caractère et la volonté du groupe de continuer quoi qu’il arrive.

On a effleuré un sujet sensible, c’est par rapport au line-up. Le line-up est différent pour cet album. Vous êtes situé un peu partout en France, vous n’êtes pas vraiment on va dire locaux.
Comment est ce que tu as pu travaillé, est ce que ça a été plus simple, plus difficile ou est ce que c’est plutôt un projet solo ?

Non. Non pas du tout, moi je préfère effectivement l’apport de chacun mais de toute façon avec internet maintenant on peut s’envoyer des fichiers sans problème. Donc c’est vrai qu’on est complètement un peu excentrés, moi je suis en Picardie, Mike, le chanteur est sur Lyon, l’autre guitariste Jérôme est dans l’Est, le duo basse/batterie est plus dans le 78. Mais c’est vrai que j’ai beaucoup travaillé avec Mike sur les morceaux, on se les envoyait par fichiers, on travaillait sur Cubase.

Pour moi, ça ne me pose pas de problème. Après, musicalement on se donne des week-end pour vraiment répéter les morceaux, les enregistrer et revoir les arrangements tous ensemble. Pour moi ça ne pose pas de problème et il y a plein de groupes qui le font. Parfois des personnes, des groupes sont encore plus loin que nous, dans des pays carrément différents donc… Je trouve que c’est vrai, c’est l’apport d’internet par rapport à ça, on peut s’envoyer des fichiers sans problème, d’un endroit de la planète à un autre sans délai donc c’est cool.

Ce n’est pas vraiment un problème. Et niveau composition alors comment est ce que vous avez fait, quel était le processus ?

Alors, le processus de composition en clair, je me suis chargé donc de la partie musicale, Jérôme a fait l’intro de l’album et donc Mike s’est occupé des textes. C’est vrai que j’aime beaucoup composer et puis après on voit quand même tous les arrangements ensemble pour finaliser si tu veux mais au niveau de la composition pure et dure effectivement j’aime beaucoup ça. Et j’espère vraiment que pour les prochains albums justement Jérôme pourra vraiment faire quelque chose, tu vois amener sa patte encore plus, qu’on puisse vraiment faire un travail de guitaristes vraiment complémentaires.

Justement en parlant de guitaristes, alors peut-être je ne sais pas si ça te parle ou non. Je pense que tu connais Niklas Sundin de DARK TRANQUILLITY ?

Oui.

Alors est ce qu’il n’y aurait pas une inspiration aux alentours de la Scandinavie, du death melo avec DARK TRANQUILLITY, ce genre de groupes?

Alors, ce qu’il faut savoir c’est qu’on a toujours aimé le thrash ricain de la bay area ou la scène thrash suédoise. Donc je pense justement qu’on retrouve dans NO RETURN un peu les deux. C’est aussi un peu la marque de fabrique du groupe, parce que quand tu écoutes l’album « Fearless Walk To Rise » t’as les deux, tu peux avoir des riffs qui sonnent vraiment plus dans l’esprit thrash ricain et d’autres effectivement comme tu dis dans la scène mélodique suédoise, AT THE GATES ou DARK TRANQUILLITY complétement oui. On le revendique parce que de toute façon moi j’adore les deux scènes et je trouve que l’intérêt justement de mixer les deux je trouve ça intéressant et c’est vrai que depuis quelque temps c’est la marque de fabrique de NO RETURN d’arriver à mélanger les deux styles.

Ça se sent vraiment, la patte, que tu essaies de travailler les mélodies et que ce n’est pas que de la technique, on a une recherche on va dire “très mélodique”.

C’est le coté qui depuis plusieurs années nous intéresse. La technique doit être là mais sans étouffer si tu veux. Parce que quand tu as trop de technique, au bout d’un moment pour l’auditeur ça devient aussi chiant quoi. Donc après, c’est bien pour les musiciens, moi j’aime bien écouter des trucs très techniques mais je comprends que pour une personne lambda ça le saoule vite. Donc là, c’est vrai qu’avec NO RETURN on veut vraiment faire en clair des chansons si tu veux où il y a quand même un aspect technique prononcé mais voilà savoir le doser. Alors c’est pas toujours facile, des fois on a envie de mettre un peu plus de technique, donc voilà c’est la difficulté finalement, d’arriver à épurer ses titres pour rester vraiment accessible pour l’auditeur.

alain clément NO RETURN

On va un peu parler justement des paroles cette fois-ci. Quels sont les thèmes que tu désirais aborder par rapport aux paroles sur ce dernier album ?

Alors pour les textes, j’ai laissé carte blanche à Mike, et donc il a rajouté des expériences de son vécu mais les textes parlent toujours, c’est aussi un peu une constante dans NO RETURN, des vices et des problèmes psychologiques humains. Dès le premier album on avait fait ça avec « Psychological Torment » et donc Mike a choisi des thèmes par rapport à ça, il nous les suggérais, et voilà ça colle très bien avec l’agressivité de la musique, il n’y a pas de barrière à partir du moment où ça reste vraiment dans une thématique de NO RETURN depuis plusieurs années. Il a rajouté effectivement du vécu dedans et c’est très bien, comme ça ça donne encore plus la rage quand on joue.

Alors pour ce dernier album, il y a également un autre label, tu es chez Mighty Music. Comment est ce que tu es venu justement à aller chez eux en fait ? Comment est ce que vous avez commencé à travailler ensemble ?

Voilà, écoute le but c’était au départ de redonner une dimension européenne à NO RETURN et donc il nous fallait une distribution plus importante que Great Dane Records. Et donc du coup on a envoyé l’album un peu partout et c’est vrai que parmi les propositions positives qu’on a reçues, Mighty était très intéressé à travailler le groupe, que ce soit à l’étranger, un peu partout. Et donc le fait, effectivement que le label soit danois, et ben nous… voilà on sait que le label bosse bien, en plus comme on a enregistré l’album avec Jacob Hansen, c’est aussi une carte de visite donc c’est nickel pour nous.

Alors justement l’album a été mis en avant, assez bien en avant pour Mighty Music et avec deux clips, que ce soit “Submission Falls” ou encore le lyric video pour “Stronger than ever”
Est ce que tu penses que ces clips ont vraiment contribué à la promotion de l’album ?

Je pense que de nos jours c’est vraiment une promo inévitable et incontournable. Il faut que tu fasse un clip ou des lyrics vidéo parce que justement, l’appui d’internet c’est que voilà tu peux balancer d’un endroit de la planète à un autre sans problème. Moi je pense que c’est bien, quelqu’un qui ne connait pas du tout NO RETURN voilà à la limite il lit une news, il voit le clip et tout de suite il voit à quoi ça ressemble. Moi je pense que c’est vraiment un outil de promotion important à l’heure actuelle.

D’accord. Et justement maintenant on est fin octobre, ça fait à peu près six mois on va dire que l’album est sorti dans les bacs. Comment est ce que l’album a été accueilli globalement soit par la presse, soit par les auditeurs, est ce que tu as eu des retours ?

Oui globalement la presse, que ce soit à l’étranger ou en France a plutôt vraiment très bien accueilli l’album et donc du coup pour nous c’est très positif, c’est pour ça qu’on le défend aussi avec beaucoup de dates. On a fait effectivement la première partie, la tournée française quand l’album est sorti, pour aller à peu près jusqu’à la période du Hellfest et puis après, donc à l’heure actuelle, on se concentre un peu plus sur l’Europe avec cette tournée européenne avec DEW SCENTED et ANGELUS APATRIDA, mais globalement c’est vrai que peu importe où l’album était chroniqué souvent les chroniques sont vraiment très bonnes. C’est cool quoi, parce que bon toi tu essaies de faire le mieux que tu peux mais après c’est pas toi qui juge. Et nous on fait ça avant tout par passion donc à la limite je dirais que si ça n’ait pas plu bein forcément ça nous aurait fait peut être suer mais bon à la limite moi pas plus que ça parce que avant tout moi je cherche à faire ça vraiment par passion et me faire plaisir quoi.

On va maintenant un peu parler guitares. Justement tu es guitariste maintenant depuis plus de 25 années. Comme tu le disais, NO RETURN c’est des plans à la fois mélodiques mais également techniques, parfois quand même assez techniques.. Alors justement combien de temps est ce que tu joues par semaine vraiment au niveau composition, au niveau répétition ?

Alors écoute en fait c’est surtout en terme de répétitions, comme on est assez éloignés voilà on peut pas vraiment quantifier ça, c’est des grosses répètes tu vois par exemple avant de tourner on va répéter mais on répète pas entre guillemets régulièrement. Par contre en ce qui concerne le jeu quotidien ben j’essaie de jouer tous les jours et si je peux pas jouer tous les jours bah je me rattrape donc ça peut être des fois des séances de 2h ou de 3h, tu vois. Mais j’essaie de jouer quand même régulièrement pour entretenir et pour bosser d’autres trucs aussi que du thrash ou du death metal quoi, j’aime beaucoup aussi les guitaristes comme SANTRIANI ou comme le guitariste de SYMPHONY X, Michael Romeo. Donc j’aime bien bosser des fois des plans aussi à droite à gauche qui me sortent complétement de NO RETURN mais qui sont complémentaires parce que justement dans NO RETURN j’essaie aussi d’amener un petit peu ce coté polyvalent de la guitare que j’aime bien.

Et donc est ce que tu as des plans, des routines que tu essaies d’entretenir ?

Oui, complétement. Effectivement il y a des fois des solos que j’ai bossé que je continue à travailler pour certaines techniques comme le sweeping et le tapping où j’ai des routines d’échauffement, si tu veux classiques, et aussi des exercices pour la la synchro des deux mains. Et voilà et à coté de ça bah oui je cherche aussi à me faire plaisir. Et puis là par rapport à ta question sur la composition, voilà je joue et si je trouve que le riff est bon et bien je continue et je l’améliore mais il n’y a pas de schématique. En général je prend ma guitare, voilà pour me faire plaisir pour jouer parce que j’aime ça et s’il y a un riff qui émerge tout de suite je me dis : ouais tient ça fait pas mal, je l’enregistre et puis après bah je le peaufine.

alain clément NO RETURNEt par rapport à NO RETURN, si un guitariste voudrait faire un cover de NO RETURN, on va dire d’un titre du dernier album, quels conseils tu pourrais lui justement donner ?

Ce n’est pas évident comme question. Déjà forcément d’aimer le mix justement entre les guitares assez thrash et puis la mélodie, ça dépend s’il veut reprendre juste que les rythmique ou les solos, parce que le travail est pas le même. Donc si il est complémentaire c’est vrai que c’est mieux, pour refaire tout. Donc le conseil que je donnerais voilà c’est que NO RETURN, c’est vrai que tu as deux aspects, tu as des rythmiques thrashy ou assez death parfois, mais il y a aussi l’aspect “technique” par rapport aux solos qu’il faut avoir pour pouvoir jouer le morceau en entier si tu le désires. Il faut que le gars soit polyvalent, aime aussi bien jouer en rythmique qu’en solo.

Par rapport justement à ta carrière de guitariste, est ce que tu peux un peu nous parler du matériel que tu utilises ? Par rapports aux guitares, amplis, pédales.

Donc là actuellement, sur les amplis j’utilise le Fractal Axe-Fx Ultra, bon j’aimerai bien prendre le 2 mais il est encore un peu cher (rires). Et autrement les baffles ça peut être du Mesa Boogie, du Peavey ça dépend, j’ai aussi un Marshall peu importe je dirais, ce qui m’intéresse c’est surtout le son qui sort à la base du Fractal. Et après j’aime pas trop avoir beaucoup de matériel, je préfère quand ça reste simple, j’ai juste un petit delay mais c’est géré dans le Fractal pour les solos où je monte un peu le volume si tu veux sur scène mais voilà je cherche pas trop à entrer non plus dans les programmes, c’est plus un peu plug-and-play si tu veux.

Et niveau guitares ?

Niveau guitares donc je suis en gros fidèle à Ibanez depuis le début, j’ai un modèle RG et j’ai une vieille Ibanez, donc série X DT un peu forme destroyer qui a enregistré le premier album de NO RETURN justement. Et à coté de ça j’ai une guitare classique aussi.

On un peu maintenant parler de sujets un peu différents, on arrive presque à la fin de l’interview, j’espère que pour l’instant pour toi tout se passe bien ?

Nickel, très bien, très bien.

Donc comme on l’a dit, on va le redire, tu as un très grosse carrière derrière toi, cela fais plus de 25 que NO RETURN existe, et vous l’avez d’ailleurs fêter l’année dernière. Le groupe a durant ces années changé quelques fois  Qu’est ce qui a changé selon toi entre le tout début des années 90 et maintenant justement pour gérer un groupe ? Parce que comme tu l’as dit maintenant les groupes sont vite répartis aux quatre coin du globe. Qu’est ce qui a vraiment changé pour toi, est ce qu’il y a une grosse évolution ou pas ?

L’évolution elle est déjà qu’il y a beaucoup plus de groupes qu’il y a 25 ans. Après c’est pour beaucoup que la donne a changé par rapport aux cds, je le vois le marché du cd est pratiquement mort, on ne va pas se voiler la face, avec les téléchargements… Le marché du cd est moribond on va dire donc il y a de plus en plus de groupes qui sont obligés de tourner pour avoir une exposition digne de ce nom. Donc c’est pour ça que c’est un peu saturé au niveau des tournées, et donc un groupe va vraiment en avoir besoin, par rapport à il y a 25 ans de jouer, rejouer, rejouer pour arriver à percer s’il veut vraiment marquer avec ton empreinte la scène. Le niveau technique évolue aussi, notamment en France, depuis 15 ans maintenant je pense qu’on a pas à rougir des américains ou européens, on a dans tous les styles de métal, même de rock de très bons groupes. Voilà c’est tous ces éléments qui ont vraiment changé. Maintenant c’est vrai que par rapport aux cd, je pense que tu fais un cd pour partir en tournée, avant c’était différent parce que le cd marchait bien. Mais maintenant je pense que les groupes font un cd qui leur permet de partir en tournée et puis ainsi de suite.

Oui c’est ça et maintenant ils font un cd et supporte le cd en faisant de très grosses tournées de promotion, pour mettre en avant le cd parce qu’il y a tellement de groupes.

Oui c’est ce que tu disais, il y a tellement de groupes sur le marché que c’est difficile de sortir du lot, donc il faut être présent le plus souvent possible et ce n’est pas forcément évident non plus.

Donc pour toi, un groupe récent de métal, aura plus de difficultés qu’auparavant à percer tu penses ?

Je pense, je pense oui. Après il y a aussi l’outil internet qui a bien sûr révolutionné entre guillemets la promotion par rapport à il y a 25 ans. Mais effectivement, comme il y a beaucoup, beaucoup de groupes, même si tu utilises à fond internet qui est un outil puissant… Voilà il faut arriver à trouver à chaque fois des trucs pour essayer de sortir un petit peu du lot.

Et par rapport au groupe justement, tu as eu plusieurs line-up, plusieurs labels, des choix artistiques qui ont un peu changé. Est ce que globalement tu as des regrets ?

Non, je ne suis pas quelqu’un qui regrette, je pense que chaque époque de NO RETURN était NO RETURN à l’instant T, et j’ai toujours été quelqu’un qui allait de l’avant. Donc voilà, j’ai pas de regrets, j’ai des supers souvenirs par contre ça c’est clair. On a joué avec des groupes dont je suis fan, des très gros groupes et on continue à le faire aujourd’hui et franchement j’estime que j’ai beaucoup de chance de pouvoir continuer NO RETURN en 2015, après ces expériences parce que bon on fait pas ça vraiment pour l’argent donc c’est bien, on gagne pas notre vie avec ça, on fait ça par passion. Et je pense que c’est ça, à mon avis, le plus important. Donc j’ai pas de regret et j’espère bien sûr que ça va continuer.

Ben j’espère également pour toi !
On va un peu parler du futur pour vraiment clore l’interview. Alors, nous sommes en fin d’octobre, l’album est fraichement sorti. Si on devrait mettre un horizon, quel horizon proche pour NO RETURN par rapport à la fin de l’année et pour 2016, quels sont les plans ?

Pour la fin de l’année donc là pour le dernier trimestre 2015 c’est vraiment comme je le disais tout à l’heure : promotionner NO RETURN à l’étranger et puis bon il y aura quelques dates françaises en plus donc ça c’est vraiment important pour nous et 2016 hé bien on va enfoncer le clou également avec des concerts un petit peu partout on se concentrerait un peu plus sur des fest, sur des fest étrangers également. Voir effectivement si on peut refaire des dates en Europe. Je pense que c’est ça avant tout l’objectif.

D’accord donc continuer sur la lancée, par exemple cette années vous étiez il n’y a pas très longtemps au Hellfest, sur la Mainstage, je pense que ça a été assez prolifique pour vous, et vous voulez continuer un peu sur la lancée.

Oui voilà on va essayer de faire des fest un peu plus à l’étranger également oui tout à fait.

alain clement no returnEt vu que vous allez faire beaucoup, enfin que vous faites déjà une grosse tournée, est ce que tu as déjà pensé à faire un album live ?

Alors le problème de l’album live, c’est qu’il faut arriver à avoir de bonnes conditions techniques si tu veux pour le capter. Donc on y pense, mais après il faudrait, on aimerait aussi avoir le support vidéo ce qui veut dire qu’en moyen technique il faut aussi prévoir cet aspect là. Après je ne sais pas on verra, ça dépend aussi des concerts, des festivals où des fois tu as l’occasion de filmer et capter des évènements. Mais c’est vrai qu’on y pense, on aimerait bien un jour, je sais pas si ce sera l’année prochaine ou même plus tard, dans quelques années mais effectivement sortir un live mais on aimerait sortir à la fois l’audio et bien sûr le visuel avec.

D’accord. Et pour toi est ce que tu as d’autres projects musicaux ou uniquement NO RETURN ?

Pour moi, c’est uniquement NO RETURN. Je pense que c’est une partie de ma vie importante et voilà, j’aime pas trop me disperser. Bon si j’avais le temps j’aimerais bien effectivement faire plus dans l’instrumental mais voilà je pense que NO RETURN rempli déjà beaucoup le fil de mes journées.

Ok, Donc on a parlé justement de NO RETURN, du début, de l’actualité et de comment est ce que vous allez évoluer dans le futur. Comme tu l’as dit, la scène metal a vraiment changé au travers des années. Est ce que tu es plutôt nostalgique ou plutôt justement impatient de voir ce qui sortira dans cinq ans, d’ici dix ans comment est ce que ça sera ?

Non, je ne suis pas nostalgique. Après je pense que la musique est faite pour évoluer et ce qui ne nous empêche pas effectivement d’aimer les vieux classiques comme DEEP PURPLE, IRON MAIDEN et LED ZEP. Je pense que la musique avant tout doit évoluer de toute façon, quoi qu’il arrive. Après il faut je pense, temps que c’est de la qualité et peu importe le style, que ce soit de la pop, du rock, du death metal, moi ça me parle. L’essentiel c’est que les gens surtout fassent la musique avec leurs tripes.

D’accord Alain ! Alors justement y-a-t-il en ce moment un groupe qui t’accroche ?

Oui je suis de près DEFICIENCY, un groupe de thrash de l’est de la France.

Très bien Alain, on a vraiment finir cette interview  cette fois. Merci pour tout ton temps et bonne route !

NO RETURN
Site web : http://www.noreturn.biz/
Youtube : https://www.youtube.com/user/NoReturnTV1
Page Facebook : https://www.facebook.com/No.Return.Thrash/?ref=ts&fref=ts

Un grand merci à Maedlyn d’avoir bien voulu retranscrire la vidéo ! Interview réalisée le 16 octobre au Rock Your Brain Fest, à Sélestat.

Crédit photo : Fanny Larcher-Collin : http://lcf-photography.com/

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